La photo de la semaine

Ombres - Marseille -Photographie - Photo - Xavier - Cherica
12/05/2026. C’est une photo assez étrange. Avec un premier plan massif et peu esthétique en soi. Mais le tout fonctionne je pense. Le personnage semble prendre une certaine vitesse, comme si le banc de la Corniche à Marseille lui donnait de l’élan. Cette ombre, justement, ressemble aux deux fillettes sur une photographie de Sergio Larrain. Ma silhouette est presque en tout point semblable à ces deux enfants, vus de dos. Je ne l’ai remarqué que des années plus tard…

Marseille - photo - corniche -photographie - Xavier -Cherica
08/05/2026.Pourquoi créer des images ? Pourquoi poser la question “pourquoi” ? Je sais intimement pourquoi je déclenche, pourquoi je fais des photos. Mais posez-moi la question et je ne sais plus quoi répondre. “Pourquoi ?” signifie toujours que tout a une cause. Qu’on ne peut rien faire sans être poussé par quelque chose. C’est une pétition de principe !
Les quatre personnages, les courbes de leurs corps, leurs gestes, leur emplacement font l’image. Ils sont la photo. Ceux qui, non pas remplissent le vide, mais au contraire vident le trop-plein. Esthétise une surface qui sans eux n’est pas. Ils créent l’espace d’une manière immanente.

06/05/2026. Il arrive qu’une photo nous réserve des surprises. Une particularité qu’on ne voit pas quand on déclenche, mais plus tard quand l’on regarde l’image une nouvelle fois. On remarque un détail important, passé inaperçu lors de la prise de vue. On pourrait croire que l’on l’avait inconsciemment perçu. Rien n’est moins sûr… Je crois fondamentalement au hasard. Sur cette image, prise plage de la Batterie à Marseille, on a l’impression que le personnage emporte la mer avec lui, comme l’on tire une couverture à soi.

Marseille - photographie - Les Goudes - Xavier - Cherica - Photos
03/06/2026. Un bout de blanc et de rouge. Une ligne. Une ligne aussi. Une ligne qui dessine un rythme fuyant. Presque une mélodie. Tout autour : le ciel, la mer et la terre. Cette terre rocheuse des Goudes à Marseille qui fait face à la mer. Tout comme le personnage, qui paraît lointain, regardant en direction de l’horizon, de la belle Bleue. Il est l’élément étranger au paysage, bien qu’il lui donne une dimension, sa dimension (“L’homme est la mesure de toutes choses”, dit Protagoras dans le dialogue éponyme de Platon). Et semble relier, comme dans une évidence, les différentes substances.

Marseille - photos - Xavier -Cherica - ombres - silhouettes
28/04/2026. Presque rien. Une route invisible. Deux poteaux électriques. Des fils qui défilent. Des rochers en bord de route. Et surtout : ce petit personnage comme suspendu par la tête à un fil qui visiblement semble décroché des poteaux. Le marcheur est lui aussi presque invisible, mais c’est son ombre qui rend le reste esthétiquement visible. Il n’est presque rien mais agence le tout. Il rend l’image photographique.

Marseille - Bonne-Mère - ombres -Xavier - Cherica
24/04/2026. “La vie n’est qu’une ombre qui passe”, méditait en son temps Shakespeare. Oui mais quelle ombre ! Elle se détache du reste de l’image sans laquelle elle ne serait pourtant qu’informe, que du noir sur du noir. L’ombre cisèle au plus précis ce qu’elle montre. Elle géométrise pour donner à voir l’essentiel en cachant ce même essentiel. Comme un jeu infini…

Rimbaud - Marseille -Photographie - Photo - Xavier - Cherica - scuplture
21/04/2026. Les deux personnages s’avancent vers la sculpture en hommage à Rimbaud. L’œuvre se situe sur les hauteurs des plages du Prado à Marseille. Les joggeurs donnent l’impression que le monument de Jean Amado devient mobile tandis que l’homme et la femme semblent comme fixés dans une même posture pour l’éternité. L’immobile se meut pendant que ceux qui lui donnent l’impression de bouger se fixent. Comme s’ils étaient cloués sur place par la masse inerte qui s’avance devant eux.

Ombres - Marseille -Photographie - Photo - Xavier - Cherica
18/04/2026. Cette photo a été prise en 2024 à Marseille si mes souvenirs sont bons. L.image montre un véliplanchiste effectuant un saut au-dessus de fortes vagues et au petit large de la plage appelée : « Épluchures beach ». Au fond, on aperçoit clairement le phare du Planier qui guide les bateaux sortant ou entrant dans la cité phocéenne. Pas facile d’avoir ensemble les vagues, le « voltigeur » et la ligne d’horizon droite.